• Chapitre 1:

    La salle était pleine monde, chauffée, enfumée et donc bruyante. L'unique taverne du village était bondée et les serveuses arrivaient à peine à se frayer un passage entre les tables où les voyageurs de passages aussi bien que les habitués du coin se disputaient à propos de n'importe quoi, allant du prix de certains articles, aux dernières nouvelles de la guerre. Celle ci durait depuis de nombreuses années entre l'empire d'Atlantide et les cités états du Sud. Une rumeur sur le mariage de l'Impératrice Camyl troisième du Nom qui aurait mal tourné courait mais personne ne savait réellement la cause de cette guerre. Mais si loin de la frontière personne ne s'en inquiétait vraiment : on avait déjà beaucoup à faire avec l'Empire lui même.

    La pièce basse de plafond résonnait des cris et des injure que proféraient les joueurs de cartes installés un peu partout. La cheminé remplissait totalement le mur du fond et était entourée par quelques voyageurs qui se réchauffaient après avoir traversés les blizzards du Nord. Le patron, un homme construit comme un taureau avec des épaules aussi larges qu'une barrique et des bras musclés comme ceux d'un lutteur, se tenait derrière le comptoir et discutait avec les habitués tout en surveillant la salle du coin de l'œil. Dans la cuisine derrière lui régnait une joyeuse ambiance. Des hommes et des femmes allaient et venaient entre des monceaux de plats, de tonneaux de bière et de gamelles sales. La plus jeune des recrues était la propre fille du patron. D'une douzaine d'années elle donnait un coup de main en cuisine quand elle n'était pas à l'école. Petite brunette au caractère bien trempé elle était jolie sans être exceptionnelle mais possédait de beaux yeux noisettes qui intriguaient nombre de garçons. Comme toutes les petites filles de son age ses longs cheveux étaient tressés et pour aujourd'hui couvert d'un foulard blanc sale. Elle était vêtue d'une robe bleue sur laquelle était noué un tablier à l'origine blanc mais qui après maints usages avait tourné au gris et était taché de toutes les couleurs que l'on peut trouver dans une cuisine.

    La cuisine du Lapin Hurleur était connue pour sa variété et son opulence dans tout le nord et même jusqu'à la capitale. Les rares voyageurs venant dans la région ne manquaient jamais de s'y arrêter, ce qui amenait dans la grande salle des gens d'origines si différentes qu'il était rare qu'il n'y eut pas une ou deux dispute, voire bagarre, à propos de telle ou telle politique menée par l'Impératrice. Mais pour le moment l'atmosphère était plutôt détendue, presque oisive. Et même en cuisine, pourtant dirigée d'une main de fer par Imra la cuisinière, le temps était plutôt aux plaisanteries : l'un des marmitons était devenue la cible des moqueries depuis qu'il s'était fait rejeté par la fille de l'un des marchands de passage.

    -Alors elle a dit quoi? Que tu pouvais toujours rêver? Demanda l'un d'eux.

    -Plutôt que quand tu serais riche tu pourrais réessayer! Ajouta un autre.

    -Avec ces filles là c'est toujours pareil! Soit t'es riche et tu leur plais, soit tu l'es pas et t'existes pas!

    -Arrêter un peu de le chambrer les gars! Fit une des filles en fronçant les sourcils, Vous voyez bien que c'est pas le moment!

    Le jeune homme était effectivement tout rouge et paraissait sur le point de pleurer. Il releva fièrement la tête et d'un pas qu'il voulait digne tenta de sortir de la cuisine, mais il trébucha et s'écroula dans un baquet de vaisselle sous les éclats de rire de l'assemblée.

    Le patron entra soudain dans la pièce et cherchant sa fille du regard, il salua l'assemblée, remit le marmiton sur ses pieds et lui conseilla de prendre un peu de temps pour arrêter de pleurer et se dirigea finalement vers sa fille. Arrivant près d'elle il lui murmura quelques mots qui la firent se lever, une expression de surprise sur le visage, et suivre son père.

    Il l'emmena dans leur petit salon privé situé à l'arrière de la maison et dans lequel deux hommes étaient déjà assis. La jeune fille les salua d'un signe de tête mais resta tout près de son père. Elle n'aimait pas leurs expressions.

    -L'Empire à nouveau besoin de vous, fit l'un des hommes sans le moindre préambule, ainsi que de votre fille. On vous demande de rejoindre le palais au plus vite, de confier votre fille aux bons soins de l'Impératrice et de retrouver votre garnison.

    -J'ai quitté l'armée il y a longtemps. Il n'est pas question que j'y retourne sans un mot d'explication.

    -On vous donnera toutes les explications voulue au palais. Partez ! Vous n'avez pas de temps à perdre.

    -C'est hors de question, répondit Kirk le tavernier, je n'emmènerai pas ma fille au palais. Elle est très bien ici.

    -Vous n'avez pas le choix, fit l'homme en se levant calmement, vous savez très bien qu'elle sera en danger si elle reste ici.

    -Tant que je suis ici elle ne craint rien.

    -Vous devez rejoindre votre garnison.

    -Non.

    Kirk commença à reculer vers la porte et avant que l'homme n'ai pu l'en empêcher il poussa sa fille dehors.

    -Va chez Mor, il saura quoi faire, Lança-t-il d'un ton pressant avant de refermer la porte.

    -Pa...

    Un cri de son père coupa ses protestations. La porte trembla quand quelque chose s'écrasa dessus et la jeune fille s'enfuit en courant . Elle sortit par l'arrière de la taverne, les jambes tremblantes, le cœur battant et couru jusque chez Mor le forgeron du village et grand ami de son père. Elle tambourina à la porte sentant la panique prendre le dessus. Le battant s'ouvrit soudain, laissant place à un homme aussi grand qu'une montagne et tout aussi puissant.

    -Qu'est ce qui se passe? Gronda-t-il, Tu n'as pas honte de réveiller les gens à une heure pareille?

    La nuit était tombée depuis longtemps.

    La jeune fille fondit en larmes et le forgeron s'adoucit voyant sa panique. Il la fit entrer dans sa petite maison et lui servit une tasse de thé:

    -Alors qu'est ce qui se passe?

    -P...papa, est à la maison avec des hommes. I...ils ont menacé papa parce qu'il ne voulait pas aller à la guerre et P...papa m'a dit de venir ici... et il est tombé contre la porte et... et...

    Elle sanglota de plus bel et Mor parut effaré par ce qu'il venait d'apprendre.

    -On va devoir partir.

    -Qu... quoi ? Ou ça ? Et mon père ?

    Mor la regarda d'un air triste et sombre :

    -Ma chérie, fit il en s'agenouilla face à elle, ton papa n'est plus de ce monde désormais. Mais toi oui. Il faut que tu fasses ce que je dis d'accord ?

    -Plus... plus...

    -Non ma grande.

    Elle hocha la tête.

    -Que... Qu'est ce que je dois faire ?

    -Je vais t'emmener à la garnison la plus proche.

    -Je... je vais aller dans l'armée ?

    -Pas vraiment l'armée ma puce. Je vais t'emmener voir de vieux amis. Je vais t'emmener voir les éclaireurs.

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  • Commentaires

    1
    Lundi 2 Juillet 2012 à 17:44

    "Elle était vêtue d'une robe bleue sur laquelle était noué un tablier à l'origine blanc mais qui après maints usages avait tourné au gris était était taché de toutes les couleurs que l'on peut trouver dans une cuisine" : ça sent le correcteur automatique qui t'as mis un "était" à la place d'un "et" pendant la frappe ça. Je déteste quand OpenOffice me fait le coup !

    À part ce détail, j'aime toujours. Je ne me souvenais plus du passage où elle devine son père se faire tuer. Je trouves ça plutôt original comme façon de le décrire... sans le décrire ! Franchement j'adore.

    2
    Kiru Loup Profil de Kiru Loup
    Mercredi 4 Juillet 2012 à 14:02

    Ah ça peut aussi être moi toute seule. Je me fais souvent le coup. Normalement je corrige mais j'ai du rater clui là!

    J'aime quand tu me laisses des commentaires! ça remonte le moral! ^^

    3
    Mercredi 4 Juillet 2012 à 22:37

    C'est fait pour ça. J'apporte le chocolat chaud aussi, au besoin.

    Tu me fais penser à propos d'écrire un mot pour un autre, ça m'arrive souvent aussi et le dernier en date c'était au boulot. À la fin d'un mot destiné aux parents, j'ai écrit "merde" au lieu de "merci". Heureusement je m'en suis aperçue avant de le photocopier lol. Des fois faut pas se demander à quoi on pense quand on écrit.

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